Adambier

Adambier

S’agit-il de la bière qu’Adam brassait au Paradis terrestre, avant de se laisser séduire par Ève et un serpent et de croquer dans une pomme juteuse ? La brassait-il pour lui-même, ou la partageait-il avec Jahvé ? La Bible n’en dit mot. Ce que l’on sait, en revanche, c’est que l’Adambier est un style largement sous-estimé. Certains styles disparaissent en silence. D’autres tiennent bon, obstinément. L’Adambier ? Clairement dans la seconde catégorie.

Née à Dortmund, comme la plus connue Dortmunder, mais d’un tout autre calibre. Là où une Dortmunder se situe sagement autour de 5 à 6 %, l’Adambier atteint sans ciller 10 % ABV, voire plus. Ce n’est pas une bière de soif. C’est une bière de dégustation.

Sombre, puissante et souvent marquée par une légère acidité. Autrefois, l’Adambier était vieillie pendant des années en fûts de bois. Imaginez un croisement entre une vieille brune belge robuste et une ale bien houblonnée, avec en prime une subtile touche fumée. Rien de fortuit, mais une nécessité. À une époque sans contrôle de température, le malt était séché au feu de bois. Les fours chauffés au bois laissaient leur empreinte : la fumée. Ce caractère se retrouve encore aujourd’hui dans des styles comme la rauchbier, la grodziskie, et bien sûr l’Adambier.

Même si les brasseurs modernes ont quelque peu adouci les angles. La fumée passe souvent au second plan, l’acidité est maîtrisée, l’équilibre prime. Compréhensible. Mais aussi un peu regrettable. L’Adambier n’est pas une bière pour tous. C’est une bière qui demande du temps. De l’attention. Peut-être même un peu de patience.

Mais ceux qui s’y attardent découvrent un style qui rappelle une époque où la bière était simplement ce qu’elle était.

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