Monthermé

Monthermé : d’abord marcher, ensuite savourer!

Certaines destinations ne se visitent pas pour un monument, un musée ou un café mondialement connu. On y va parce que le paysage, à lui seul, vaut le voyage. Monthermé fait partie de ces endroits. Au cœur des Ardennes françaises, la Meuse serpente presque nonchalamment autour de la petite ville, entourée de collines boisées et d’impressionnantes formations rocheuses. Enfilez de bonnes chaussures de marche et terminez la journée à la brasserie locale : tous les ingrédients sont réunis pour un week-end réussi entre bière et randonnée.

Monthermé se situe entre Charleville-Mézières et Givet, au cœur des Ardennes françaises, là où la Semois se jette dans la Meuse. La petite ville est enlacée par un spectaculaire méandre du fleuve. D’en bas, c’est beau. D’en haut, cela devient impressionnant.

Pour vraiment comprendre Monthermé, il faut donc prendre un peu de hauteur. Deux sites naturels sortent du lot : le Roc-la-Tour et la Roche à Sept-Heures. Deux points de vue, deux randonnées et deux manières très différentes de découvrir les Ardennes françaises.

Roc-la-Tour : quand le diable lançait des pierres

Roc-la-Tour : rien que le nom annonce déjà quelque chose de spectaculaire. Et le paysage tient ses promesses. Au milieu de la forêt, d’énormes rochers de quartzite surgissent du sol ardennais. La formation est tellement étrange que nos ancêtres lui ont évidemment trouvé une explication surnaturelle.

Selon la légende locale, un seigneur avide de pouvoir aurait conclu un pacte avec le diable. Satan devait lui construire en une seule nuit un gigantesque château. En échange, il recevrait l’âme du seigneur. Une seule condition : le château devait être terminé avant le chant du coq. Évidemment, tout ne s’est pas passé comme prévu.

Au moment précis où le diable allait poser la dernière pierre, le coq chanta. Satan avait perdu son pari et réagit comme semblent le faire les diables confrontés à un retard de chantier : il détruisit tout. Les blocs de pierre dévalèrent la pente et auraient ainsi donné naissance à l’étrange paysage du Roc-la-Tour.

La géologie propose une explication légèrement moins spectaculaire. Roc-la-Tour est une formation naturelle de quartzite. Le site servait déjà de lieu de bivouac à la Préhistoire. Aujourd’hui, c’est surtout l’une des plus belles destinations de randonnée autour de Monthermé.

Depuis le parking situé sur la Route Forestière de la Lyre, une promenade d’environ quatre kilomètres mène au Roc-la-Tour avant de poursuivre vers la Roche aux Corpias. Comptez environ une heure et demie. Le parcours est relativement facile, mais mieux vaut prendre son temps. Pas seulement pour ménager les jambes, mais surtout pour profiter du paysage.

Des forêts à perte de vue, des vallées profondes et des rochers dominant le paysage. Ici, on comprend vite pourquoi les Ardennes ont donné naissance à tant de légendes. Par une matinée brumeuse d’automne, il ne faut pas beaucoup d’imagination pour soupçonner la présence d’un Celte, d’un chevalier ou d’un diable égaré derrière chaque arbre.

La boucle presque parfaite de la Meuse

La Roche à Sept-Heures est peut-être encore plus impressionnante. Si vous avez déjà vu des photos de Monthermé, il y a de fortes chances que vous ayez admiré, sans le savoir, la vue depuis cet endroit. Ici, la Meuse montre son profil le plus photogénique.

Le fleuve dessine autour de Monthermé une boucle presque parfaite. Depuis les hauteurs, on croirait que quelqu’un a utilisé un compas pour tracer cette courbe dans le paysage ardennais. À l’intérieur se trouve la petite ville, entourée de versants densément boisés. Visit Ardenne qualifie même le méandre de presque parfaitement géométrique. Pour une fois, le langage touristique ne semble guère exagéré.

La randonnée vers et autour de la Roche à Sept-Heures fait environ six kilomètres et demande quelque deux heures et demie. Elle est un peu plus sportive que celle du Roc-la-Tour. Le parcours suit en partie la crête et enchaîne plusieurs points de vue. Ensuite, on redescend avant de longer la Meuse pour revenir vers Monthermé.

C’est précisément cette combinaison qui rend la balade si séduisante. D’abord, on contemple le fleuve depuis plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Un peu plus tard, on marche le long de cette même Meuse. En haut, le panorama. En bas, le bruit de l’eau. Et entre les deux, une bonne dose d’Ardennes dans les jambes.

Une petite ville entre eau et forêt

Monthermé ne doit pas son charme à une architecture grandiose ni à des rues commerçantes animées. Et c’est très bien ainsi. La ville vit avant tout de sa situation. L’eau, l’ardoise, les versants boisés et les maisons blotties entre rivière et rochers composent le décor.

Ceux qui souhaitent ajouter une petite touche culturelle à leur séjour peuvent passer par l’ancienne abbaye de Laval-Dieu. Ses origines remontent au XIIe siècle et rappellent combien l’histoire des Ardennes est liée aux abbayes et aux moines qui ont contribué, pendant des siècles, à façonner le paysage. Derrière la façade de briques se cache encore une tour carrée médiévale en ardoise.

Mais soyons francs : après quelques heures de marche, un autre instinct culturel commence généralement à se manifester. Celui de la soif. Et pour cela non plus, inutile de quitter Monthermé.

Brasserie de Monthermé

La Brasserie de Monthermé est exactement le genre de brasserie qui semble à sa place dans un tel environnement. Pas une usine à bière industrielle installée au fond d’une zone d’activités, mais une petite brasserie artisanale qui revendique clairement son ancrage local. Toutes les bières sont brassées sur place et la brasserie privilégie, lorsque c’est possible, les circuits courts ainsi que les fournisseurs locaux ou régionaux.

Elle résume volontiers sa philosophie par l’expression « Made in Monthermé ». Même les matières premières essaient de ne pas voyager inutilement. Les noms des bières révèlent eux aussi les sources d’inspiration de la brasserie. La Yauque, La Brich’naude et La Berlée font référence au parler ardennais, tandis que d’autres bières portent des noms liés à des lieux ou au patrimoine local, comme La Voie Verte et Le Crassier.

La brasserie est donc bien plus qu’un simple endroit où l’on fabrique de la bière. Elle cherche aussi à mettre un peu de la région dans le verre. Pas en inventant de grandes histoires autour du terroir, mais en créant consciemment un lien avec son environnement. La vente directe à la brasserie joue un rôle important et les visiteurs peuvent également y découvrir le processus de brassage.

Et avouons-le : une bière locale a toujours un petit quelque chose en plus lorsqu’on a passé quelques heures, le même jour, perché sur un rocher à contempler le paysage auquel elle fait référence.

Parfois, un programme de voyage n’a vraiment pas besoin d’être plus compliqué que cela.

Brasserie de Monthermé
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