Certaines styles de bière se laissent facilement définir. Une tripel est une tripel, un porter est un porter. Le Landbier, en revanche, échappe à ce genre de classification. Le terme signifie littéralement « bière du terroir » ou « bière de campagne », mais il renvoie moins à un style précis qu’à une tradition de brassage local.
Ses origines se trouvent en Franconie, dans le sud de l’Allemagne, où les brasseries locales appelaient souvent leur bière maison tout simplement Landbier. Il s’agissait de bières brassées pour les habitants de la région, avec des matières premières locales et adaptées aux goûts du terroir. En ce sens, le Landbier a davantage en commun avec la notion moderne de « craft beer » qu’avec un style de bière strictement défini.
Quel goût a-t-il ? Tout dépend du brasseur. Quelques caractéristiques reviennent toutefois régulièrement. Les Landbiers sont généralement maltées, légèrement marquées par des notes de pain frais et modérément houblonnées. N’attendez pas une bombe de houblon, mais plutôt une bière équilibrée où la buvabilité occupe une place centrale. Elles sont souvent non filtrées, légèrement troubles et dotées d’un caractère rustique tout en douceur.
C’est peut-être là tout le charme du Landbier. Il ne cherche pas à atteindre la perfection selon un cahier des charges, mais à refléter son origine. Une bière du terroir, pour le terroir. Ou, comme le diraient les Allemands eux-mêmes : une bière qui a le goût de la terre dont elle est issue. Die Heimat im Glas, en quelque sorte.
Récemment, Yvan De Baets, de la Brasserie de la Senne, a brassé un Landbier en collaboration avec Alex Troncoso de la brasserie anglaise Lost and Grounded. Le résultat peut être dégusté au taproom de la Brasserie de la Senne.
